Salut les Loulous !
On reprend le blog… Après quelques semaines d’absence pour cause de vacances à Shanghai (2 semaines seulement, qui ont commencé par un fabuleux vol en A380 entre Sydney et Singapour… Pour le reste, ces vacances de folies sont difficilement racontables… quoique. Bon, promis : tu reviens une autre fois, et j’te raconte !).
A peine le temps de poser les valises qu’une semaine plus tard je suis reparti. En Californie pour aller voir un fournisseur de machine (avec pause-éclair à Santa-Barbara, quand même), puis au Mexique, voir une de nos implantations. Caramba ! Encore raté !
Si je n’ai pas vu « El bandito » à la frontière de Tucson, du moins ai-je pu apprécier l’Arizona à la frontière du Mexique : comme dans les films d’Ennio Morriconne, pareil ! Cactus de 10 mètres, soleil de plomb, vautours volant en cercle au-dessus de vos têtes (brrr…), gueules de méchants à tous les coins de rue… Par contre point de purs-sangs : rien que des Corvettes et des Ferrari, les temps changent ! Pour faire bon ménage, j’ai pris en location une Pontiac Solstice, un bien joli petit jouet, ma foi...
1. Pontiac Solstice :
(solstice d'été, évidemment... vue la couleur)

2. Dans l'Arizona, il y a des cactus :

3. Moi je me pique, de le savoir :

A part cela l’ambiance est bien craignos à l’Ouest du Pecos : les Mexicains ne plaisantent pas et Nogalès, ville frontalière où nous nous sommes installés depuis presque 1 an est sous la coupe de gangs qui se disputent l’importation de drogue aux USA. Les morts sont en première page des journaux tous les matins (oui oui : tous les matines… et jamais les mêmes !), et en général en couleur. C’est assez éloigné de la dentelle… Ces gens-là n’ont pas oublié d’avoir de l’humour : il n’est pas rare que les têtes des défunts ne soient plus sur leurs épaules mais dans les buts du stade voisin…
Bref, je n’ai pas fait de vieux os. Juste une Margarita pour la route, non deux, enfin peut-être trois, je sais plus bien… En tous cas même pas le temps d’attendre mon scorpion, ma tarentule, mes pumas ou bien mon bain avec les « rattlesnakes » (serpents à sonnettes… qui adorent les piscines !) que je suis rentré à Brisbane, non sans perdre une journée, 24H volatilisées au milieu de l’océan Pacifique lors de la coupe de la ligne du temps ! Très bizarre, mais pas autant que l’aller : vous partez en fin de matinée et après 13H de vol, vous arrivez le même jour 4H plus tôt !
Bref, épique !
Depuis mon retour de ces « congés » (comme disent mes chefs !), je peux vous dire que ici c’est « à fond à fond à fond », comme disait JPP ! On a presque fini de construire l’usine, les machines arrivent de tous les coins du Monde et il va falloir les mettre en place, c'est-à-dire les remonter (je vous parle quand même de trucs de plusieurs dizaines de tonnes…). C’est un peu le stress, voilà, et il n’y a pas de week-end au milieu de tout cela : le samedi on y est encore ! Bref, en résumé : je me régale !
… Alors quand on m’a parlé de chasser la baleine ce dimanche, vendredi dernier au bureau, j’ai tout de suite dit « oui oui d’accord » d’un air distrait et sans quitter la tâche qui m’absorbait. Ce fut tout autre chose hier soir quand j’ai appris, primo qu’il faudrait se lever à 6 heures du matin (encore ? Déjà le Samedi on avait fait ça pour démarre le montage du centre d’usinage 5 axes des Italiens…) et secundo qu’il faudrait payer 85.00$ pour une ballade en promène-couillons ! Surtout que les baleines, je les avais vu quelques semaines plus tôt en Juillet, au cœur de l’hivers (si si, l’hivers, je vous jure !), et depuis la rive en plus ! Sur l’île de Stradbrock !
4. Les baleines* de Stradbrock Island, hivers 2008 (juillet...) :
* si si, les 2 bouillons d'écumes, là, c'est des baleines ! Juré !

Bon, à 7 heures pétantes me voilà chez mes amis à Brisbane, direction Surfer Paradise, 1 heure de route. Embarquement sur un bateau de 60 à 80 places, 2 ponts. Sortie par le canal (je vous dis pas les baraques dans la Marina ! De la surenchère d’étalage, ma petite dame : qui une piscine dans la mer, qui un héliport flottant (avec un EC120 de chez Eurocopter, on le pardonne donc…). Et le speaker qui nous annonce le prix de l’immobilier devant chaque résidence que nous croisons : « mais on s’en fout ! », qu’on a envie de lui crier… Enfin, les Australiens semblent ravis, eux, de tous ces détails même si ça ressemble de plus en plus à une ballade sur la Seine en bateau-mouche !
5. La fine équipe* :
* de gauche à droite : Jeannie et Bruno, (caché par) Juliette, Patrick, Nicolas et Jie.

Dès la haute mer, ça chahute un peu dans des creux de 1 à 2 mètres et les Australiens (et liennes surtout) hurlent de bonheur, ou de trouille, allez savoir (c’est la même note hystérique chez l’Anglo-Saxon moyen…). Le speaker lui ne se démonte toujours pas et ce coup-là se flatte tout seul en étalant la chance qu’ils ont eu toute cette saison d’apercevoir « à tous les coups » les fameuses baleines durant leur migrations annuelles entre l’Antarctique et Brisbane, ville dont ces fameuses bestioles raffolent, pour des raisons obscures mais sans doute parce que les prix y sont beaucoup plus abordables qu’à Sydney, enfin j’imagine… Puis il continue en nous assénant ses connaissances des baleines, qui sont, heureusement pour nos oreilles endolories par cette autosuffisance, aussi minces que la couche de beurre des sandwichs autoroutiers… Et si nous ne voyons pas de baleine à cause de ces cochons de japonais qui ont divisé par 4 les populations de ces grands fauves, il nous promet des requins mangeurs d’hommes, ou bien des dauphins, ou alors des tortues, peut-être même s’il le faut le poisson rouge de sa grand-mère, bref : du vrai spectacle !
L’heure tourne sans lui donner raison, mais voilà qu’à l’horizon de cette matinée et de cet océan nous nous rapprochons d’autres bateaux transporteurs, eux aussi, de touristes animaliers et désormais également désargentés, anormalement à l’arrêt dans cette immensité salée…
Et force est de constater que ce n’est pas tout à fait une arnaque (alors que sur le bateau le débat faisait rage entre nous pour savoir si on devait découper le capitaine en rondelles AVANT de le jeter en pâture aux requins pour mauvaise foi et racontage de bobards Marseillais…). Non, il a fallu nous rendre à l’évidence : la société qui organise ces safaris photos savent bien ce qu’ils font et, dans l’ensemble, cétacé convaincant ! (celle-là vous l’avez bien cherché…).
Il est dommage que les photos ne rendent rien ou presque, car c’est un sacré spectacle que de voir ces bestioles qui croisent à 15 km/h en filant leur chemin dans ces eaux noires, ou de les voir, immobiles pendant plusieurs dizaines de secondes, le dos au ras des flots, curieuses des bruits que nous faisons sur le bateau, avant de replonger et de montrer leur queue à tous les passants... Nous avons eu même la chance de voir une de ces imposantes mémères effectuer un saut dans un silence de cathédrale, à moins de 30 mètres du bateau, et de s’élever avec la grâce d’une ballerine obèse jusqu’à la hauteur d’à peu près les 2/3 de sa longueur (c'est-à-dire en gros jusqu’à ce qu’on lui voit le trou de balle, je suis désolé de la précision de la chose, mais ça fait quand même plus de 10 mètres), avant de s’écrouler dans un fracas d’eau et d’écumes que ne renierait pas un « p’tit gros » venant de faire une bombe à la piscine municipale devant les filles… Moi qui suis un piètre tireur d’élite (sauf peut-être à Shanghai mais je ne voudrais pas me vanter), je l’ai évidemment loupée dans ma tentative de shoot « au jugé » (j’étais déjà nul au FAMAS), à ma décharge le zoom était réglé à fond, l’erreur classique du débutant… Elle n’est plus revenu nous faire sa démonstration que je fus d’ailleurs à peu près le seul à voir sur le bateau…
6. Premiers réglages, première photo :
(mal cadrée, sûrement l'émotion...)

7. La deuxième, c'est déjà mieux :

8. La dernière, c'est presque parfait :
(hélas le mercantilisme nous oblige à plier bagage alors que l'artiste commençait à trouver sa plénitude...)

Bref, une excellente journée d’un week-end qui n’en compte plus beaucoup.
Goûtons ce plaisir.